La femme et l’alcool



 
Le lendemain de veille
Si l’on recule de quelques générations, la femme émancipée revêtait le pantalon et fumait la cigarette. Depuis quelques années, les héroïnes de fiction auxquelles on s’identifie portent plutôt des Manolo Blahnik et ont une coupe de vin aux lèvres. Auparavant chasse gardée du sexe masculin, la consommation d’alcool devient, dit-on, de plus en plus féminine. À ce constat s’associe inévitablement des mises en garde concernant la quantité d’alcool à consommer, et même l’image que la femme envoie lorsqu’elle commande un gin tonic.
Un cocktail à cravate
Qui n’a jamais entendu les petites silhouettes d’Educ alcool répéter que la consommation chez les hommes ne devrait pas dépasser trois verres par jour, alors que celle des femmes, elle, doit se limiter à deux? Il ne s’agit pas ici de discrimination, mais bien de conséquences sexospécifiques.

Autrement dit, notre métabolisme à nous, mesdames, ne transforme pas l’alcool comme nos homologues masculins. Eh non! À quantité égale d’alcool consommée, le sang de la femme s’en trouve plus rapidement saturé. Parce que nous avons plus de graisse et moins de muscles que messieurs, l’alcool est moins bien absorbé dans les différents tissus de l’organisme. S’ajoute à ça un foie plus petit qui métabolise moins rapidement l’alcool, et on ressent plus vite l’effet de la gnôle. Ainsi, la limite entre «cocktail» et «complètement paf» est plus mince chez la femme que chez l’homme.

L’effet (dé)grisant de l’alcool
L’alcool ne risque pas seulement de nous donner un sérieux mal de bloc. Educ alcool a soumis dernièrement un triste rapport sur la consommation d’alcool féminine. Il y est démontré une prévalence du cancer du sein chez la femme qui consomme plus d’un verre par jour. En plus de toutes les maladies associées, la consommation d’alcool pourrait accroître jusqu’à 52 % le risque de ce cancer. Ouch!

Pourquoi, mesdames, pourquoi?
L’augmentation de consommation au féminin peut s’expliquer par plusieurs facteurs, mais ceux qui font le plus de bruit sont le rôle social que doit remplir la femme d’aujourd’hui, et la pression qui y est intrinsèquement liée. Les mamans doivent être carriéristes, les modeuses doivent aimer le camping et  les épouses doivent être des maîtresses allumeuses. On ne parle plus de dédoublement, mais plutôt d’exponentialité des mandats des femmes! Un verre de vin devient alors un exutoire, un moment pour nous, nous seule.

Un phénomène inquiétant
On le sait, l’alcool est moins rapidement absorbé quand on a l’estomac rempli. Certaines l’ont vite assimilé et un nouveau (et absolument affreux) mouvement a vu le jour. De plus en plus de spécialistes parlent d’alcoolorexie lorsque la personne, souvent la femme, ne mange pas afin de pouvoir boire plus. Comme l’alcool est très calorique, certaines, surtout les plus jeunes, vont jusqu’à se priver de nourriture afin de pouvoir consommer plus de vodka-canneberge.

Quand verre devient bouteille…
Malheureusement, les statistiques prouvent que de plus en plus de femmes lèvent le coude un peu trop haut. Parce que le mouvement leur semblait archaïque, plusieurs de nos congénères ont tourné le dos aux organismes de soutien, tel les AA, et ont créé leur propre méthode de reprise en main. Elles sont de tous les pays à avoir contribué à rendre l’abstinence trendy, voir même sexy. Et les avantages de la diminution d’alcool sont nombreux: meilleur sommeil, plus d’énergie, perte de poids (pourquoi pas?).

Enfin, l’été arrive avec ses journées chaudes, et ses soirées fauves qui sauront tenter plusieurs d’entre nous à étirer la nuit jusqu’aux premières lueurs du jour. Pour celles qui se reconnaissent lorsqu’on parle d’abus, pourquoi ne pas essayer de troquer le mojito pour un soda à l’italienne? Vous ne tiendrez peut-être pas toute la nuit, mais vous aurez peut-être la force de vous sortir du lit plus tôt afin de saluer les premières chaleurs du soleil, cuite ou pas….

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