Oui aux mules!



 
Avec le retour aux années 90 on assiste à la réapparition d’une chaussure de la décennie passée dans le paysage mode, se méritant davantage de froncements de sourcils que de regards d’approbation. Notre collaboratrice défend la chaussure estivale à la mauvaise réputation: la mule.

Dans Sexe à New York (1998), Sarah Jessica Parker, dans le rôle de Carrie Bradshaw, portait souvent des mules. Photo: imdb.com
La dernière fois qu’on a côtoyé la mule, c’était vers la fin des années 90, entre autres à partir de la salle-penderie de Carrie Bradshaw, parmi ses nombreuses paires de chaussures Manolo Blahnik parfaitement alignées. Mi-pantouffle, mi-escarpin, la mule et son allure inhabituelle se sont réinsérés dans les tendances mode plus tôt ce printemps.La chaussure, qui laisse le talon découvert et parfois même les orteils, a comme prédécesseur la chopine, un soulier à plateforme très haute (certaines mesurant jusqu’à 20 pouces). Cette dernière était portée par les femmes de l’aristocratie italienne du 15e au 17e siècle. Heureusement, les mules n’ont jamais été aussi hautes que les chopines, s’avérant ainsi un choix beaucoup plus raisonnable au 18e siècle.

L’arrière ouvert de la chaussure oblige celle qui la porte à se fier sur l’adhérence de ses petons pour maintenir sa stabilité. La fâcheuse tendance qu’a la mule à se retirer à tout moment suffit d’ailleurs à en décourager plusieurs. Si on ajoute à cela le son lourd qu’elle émet lorsqu’on marche, la chaussure manque un brin d’élégance, argumente l’ex-rédactrice en chef de Vogue Paris, Carine Roitfeld. «Je suis certaine que je ne porterai jamais de mules. Je les déteste», a-t-elle acancée au New York Times en 2011. «Je déteste le son fait par quelqu’un qui marche avec des mules. Clac, clac, clac. Je ne trouve pas cela très chic.»

Malgré que ses origines appartiennent à la classe supérieure, avec la chopine, au début du 20e siècle la mule s’était fait une mauvaise réputation. Elle était portée presqu’exclusivement par les prostituées. Mais comptez sur Marylin Monroe, l’une des actrices les plus marquantes qu’Hollywood ait connues, pour redonner ses lettres de noblesses à la chaussure, même si ça n’aura su durer.

Bien que les mules aient grimpé en popularité de façon intermittente entre 1950 et 1980, la version à bout ouvert était celle dont quasiment aucune femme ne pouvait se passer vers 1998. Quasiment, car même à cette époque, la chaussure à l’arrière découvert avait ses détracteurs.

Les mules au 18e siècle. Photo: Wikimedia Commons.

Comme avec toutes les tendances faisant un retour cette saison, la mule nous est offerte en version renouvelée et améliorée. D’Altuazarra à Alexander Wang, les designers ont réimaginé la chaussure habituellement noire, y ajoutant de la couleur, de la texture et de nouvelles lignes. Résultat? Une offre féminine et rafraîchissante, très différente des sabots scandinaves dont est imprégnée la conscience collective. Pensez au serpent, aux pics, aux courroies transparentes, aux bijoux et aux talons aiguilles à deux couleurs, larges ou compensés; la mule est devenue si sophistiquée!Étant donné ses nombreuses incarnations faisant preuve de bon goût, il est difficile de croire que la mule souffre toujours d’une si mauvaise réputation, sauf lorsqu’il est question du jeu d’équilibre requis lorsqu’on la porte. La solution est assez simple: choisir un modèle bien ajusté qui offre de la stabilité à votre pied. Ou encore, pour une version avec une mince courroie à la cheville.Et pour ce qui est du vacarme en résultant, comme les mules ne sont pas les seules chaussures à se faire entendre, pourquoi pourquoi y accorder tant d’importance? Peu importe votre opinion sur les mules, parions que vous trouverez difficile de résister à l’envie de porter ces chaussures ramarquables après avoir zieuté les modèles élégants et légèrs offertes cette saison.
  1. Mules Acaren par ALDO, 100 $ en magasin et en ligne.
  2. Sabots à talon cuir laminé par Zara, 99,90 $ en magasin et en ligne.
  3. Mule papillon Kimmy 5 en cuir verni par Sophia Webster, 545 $ à La Baie d’Hudson et en ligne.
  4. Mule Armon à courroie par Vince, 551,58 $ au shopbop.com.
  5. Mule à imprimé léopard en poil de veau par Miu Miu, 790 $ au net-a-porter.com.

 Mode, art, architecture, design, télé et cinéma: Katia Jean Paul est une chroniqueuse montréalaise qui jette un regard critique sur ses nombreuses idées fixes, évoquant les dimensions esthétiques et culturelles de chacun de ses sujets. / Retrouvez Katia sur Twitter:
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